Fête de l’Empereur du Japon à Paris

Pour marquer la Fête de l’Empereur ce 16 décembre, véritable fête nationale , la résidence de l’ambassadeur du Japon, le francophone et francophile Yoichi Suzuki, était pleine à craquer.

Il m’est toujours paru remarquable combien le ton utilisé par la diplomatie japonaise envers la République française était cordial et respectueux. Citons sans retenue le discours de Suzuki à cette occasion.  « Le Japon admire la force avec laquelle la France se relève des épreuves récentes. De nouveau, nous rendons hommage aux victimes et exprimons notre solidarité avec la France. » Cela me rappelle l’époque Chirac — grand admirateur de l’Asie orientale en général et du Japon en particulier — lorsque les diplomates japonais étaient impressionnés par l’aisance avec laquelle notre président défiait les États-Unis pour des raisons morales, et comment Dominique de Villepin discourait aux Nations-unies. Lequel de nos hommes pols aurait pu faire cela, a osé enfin dire l’un d’eux.

« La réussite de la COP21, l’Accord de Paris, représente un immense exploit. Le Japon félicite de tout cœur la diplomatie française. Il s’agit du premier grand accord multilatéral du siècle. » Toujours des mots aimables.

« Les valeurs fondamentales, qui nous sont chères et que la France et le Japon partagent, ont été mises à rude épreuve comme nous avons pu le constater. De la même manière que l’on doit faire des efforts pour entretenir un beau jardin, nous devons constamment travailler à la défense de nos valeurs. Nous avons encore une fois reconnu la valeur du partenariat d’exception qui unit nos deux pays. »

Bref, pour cette réception qui faisait foule le ton classique franco-japonais s’est exprimé dans toute sa splendeur: « partenariat d’exception ». En effet les deux États sont des puissances moyennes supérieures, et se connaissent intimement sans l’arrière-goût de dominant-dominé qui persiste côté nippo-américain. J’ai remarqué la présence d’un grand nombre de militaires français, et même de l’ambassadeur d’Iran, Ali Ahani, pour ne relever que deux détails saillants. Comme quoi le Japon intéresse toujours autant.